97x180 | 8 papiers Xuan, encre de Chine | 2020







J’ai fait ces tableaux de l’estampage sur le papier Xuan-le papier traditionnel chinois, en cherchant les différents surfaces des ruines dans ma ville natale - Wuhai. Les traces sur papier évoquent un moments disparu de ces monuments et un état unique de ces ruines.

L’estampage de la stèle est une façon pour documenter et diffuser l'information sous forme d’une calligraphie artistique : une feuille de papier est appliquée à l’aide d’une brosse humide, afin d’épouser la gravure dans ses moindres détails. On tamponne ensuite la surface redevenue sèche avec de l’encre : les parties qui ont épousé les creux de la gravure apparaîtront en blanc sur fond noir. Peut être les estampages sont plus anciens et plus réels que les vrais monuments.












Wuhai est une petite ville en Chine où je suis née. Mes parents ont vécu ici quarante ou cinquante ans, mon père est un ingénieur du charbon, ma mère a également enseigné dans une école primaire de cette région minière, la plupart de mes amis d’enfance sont des descendants de familles de l’industrie, mais je ne connais rien de cette ville et de la carrière de mon père. Vivant dans l’environnement contaminé et les tempêtes de sable depuis que je suis enfant, je n'ai aucun sentiment même d'étrangeté envers ma ville natale.

Je l'ai revisitée plusieurs fois entre 2017-2019. Les ruines laissées par ma ville natale sont déjà un paysage artificiel; la vie que les gens s'efforcent de gagner, le travail acharné, dont ils sont fiers ne sont que des victoires insignifiantes dans la lutte contre la nature et le temps. Inconsciemment, tout peut commencer ou se terminer sans aucune raison.

Mais devant ces ruines, curieusement, mon attachement pour la civilisation industrielle et ma nostalgie ont été évoquées.











Edition : 
https://drive.google.com/file/d/1oI7c814yQeV-DNtTwTCV82z0UMe_jmiS/view?usp=sharing








2018
4'04''










25 x 37.5 | Série de photo | 2016-2017





Il s’agit d’un travail documentaire sur les marchés, les boutiques et les stands, et d’un portrait de la ville et de la surabondance des objets en France et en Chine.

Les vendeurs sont seuls parmi la prolifération. Le regard se porte sur la relation entre la personne et l’environnement surchargé, les objets qui l’avalent. L’intention est de révéler les attitudes communes : la solitude, le silence et parfois l’étrangeté de cette situation, grâce aux lignes dominantes et aux lumières variées de ces espaces.

Selon moi, ces étalages semi-ouverts ne sont plus ni publics ni privés. D’ailleurs, contrairement aux étalages des grands magasins, leur organisation et leur mise en valeur sont très personnelles, comme dans une exposition.


56x36 | Photographie | 2016

All content ©2020 HAN Yaqun