Plants on Our Bodies-1
90 x 60 | Huile sur bois | 2024





Plants on Our Bodies-2
90 x 60 | Huile sur bois | 2024





Plants on Our Bodies-5
90 x 60 | Huile sur bois | 2024





Plants on Our Bodies-3
90 x 60 | Huile sur bois | 2024





Plants on Our Bodies-4
90 x 60 | Huile sur bois | 2024



Plants on Our Bodies, 2024

"Les cheveux sont les plantes du corps humain, enracinées dans l’animal tout en pouvant s’en détacher sans douleur. Ils portent en eux une dualité : à la fois animaliers et végétaux. La fascination pour les cheveux traduit une obsession de substitution pour le corps : les cheveux sont un produit du corps, mais ne sont pas le corps lui-même."

Les réflexions de Wang Min’an sur les plantes et les cheveux m’ont profondément inspirée. Pendant que je décorais un sapin de Noël, ces idées m’ont rappelé les coiffures élaborées et populaires des "Madames de Tianjin", où l’acte de torsion et d’ornementation des cheveux ressemble à la décoration d’une plante morte. Les cheveux deviennent alors une passerelle entre le corps et tous les ornements qui s’y attachent.

Bien que les cheveux semblent être un élément "naturel", ils se rattachent à un système de discipline implicite. La "mesure" qu’ils impliquent est tout sauf naturelle : elle peut être douce, somptueuse, subtile, voire éternelle, mais elle pointe également vers une absurdité festive, une sorte de danse macabre, un éclat de vie dans un mouvement vers la mort.



Family Folds-1
90x70 | Huile sur toile | 2024



Family Folds(en cours), 2024

Family Folds est un prolongement du projet Wuhai (2017-2020), qu’il s'agit de l’archéologie de l’histoire familiale et d’une ville épuisée en ressources.
Je suis entrain de travailler avec la peinture en partant d'un point de vue familial microscopique. J’ai choisi des anciens objets familiaux, je me suis attirée par leurs “mauvais” designs et je m'intéresse l’intimité émanant des objets anciens.

Cet ancien drap rose était acheté par ma mère, qui est le début de cette nouvelle série. Je l’ai retrouvé recouvrant à la maison rarement habitée, sa couleur exagérée semble luxueuse, mais sa taille inadaptée et le coin tombant évoquent l'image d'un corps dont la peau ne s'ajuste plus.

Pour moi cette chute est une métaphore appropriée de la nostalgie du temps passé et de l'histoire familiale.




Family Folds-2
140x100 | Huile sur toile | 2024



J’ai récupéré par hasard des textiles et objets du quotidien provenan de l’ancienne maison de ma grand-mère. Usés et affinés par des années d’utilisation et de lavage, ces tissus, bien que vieux et fragiles, dégagent une propreté rassurante et une sérénité apaisante. Ma ville natale Wuhai, située dans une zone minière du nord-ouest, est marquée par un climat aride et des tempêtes de sable fréquentes. Dans mes souvenirs, une épaisse couche de poussière jaune mêlée de résidus de charbon recouvrait tout en a peine quelques jours. Dans les maisons des personnes âgées, les appareils électroménagers “précieux” étaient souvent protégés par des housses. Ma grand-mère avait brodé sur la housse de la machine à laver des motifs et des textes d’une grande richesse avec une attention infinie. Le motif de cocoteraie provient des rideaux de sa maison, une évocation d’un bonheur imaginaire lié à une vie humide et tropicale, bien loin de notre réalité aride.

Ces motifs brodés à la main, mêlés à des motifs industriels, créent une image simulée, un mirage, qui évoque un jardin suspendu, une utopie inaccessible, aussi bien dans le passé que dans le présent. Dans la matérialité même des plis, je perçois à la fois l’homogénéisation et l’absurde, mais aussi une humanité profondément ancrée dans la modernité.



14
29.7 x 21 | Huile sur bois | 2021-2023





14, 2021-2023

De Mars à Juin 2022, j'ai été enfermée chez moi, à Shanghai, pendant trois mois, sous la politique de prévention des épidémies. Bien que j'aie connu plusieurs quarantaines en France en 2020 et une quarantaine après mon retour en Chine, ces trois mois sont toujours restés insupportables.
En Chine, être confinés dans un espace assigné au hasard pendant 14 jours était une situation fréquente losqu’on envisageait une déplacement. “14 jours” est devenu un cycle absolu au cours de ces années pandémiques, puis la fenêtre était la seule issue face au monde extérieur à ce moment——cet isolement faisait souvent perdre notre notion du temps. Les plis des rideaux ne seront plus jamais les mêmes entre chaque ouverture et fermeture répétée, avec lesquels je puisse ressentir le temps et le monde réel.
Cette série comprit 14 rideaux des différentes pièces dans lesquelles j’ai vécu qui ont certaines importances pour moi. Ces fragments du quotidien se manifestent sur les planches de bois en format A4 qui est le format officiel le plus courant. A travers la notion intime des rideaux et de ces planches en A4 se créent une opposition qui dévoile ma réflexion sur un nouveau mode de vie.



《14》,2021-2023

在 2020 年从法国返回中国时,我在隔离酒店的房间中度过了十四 天。
新冠病毒流行期间,“14 ”是一个常见的隔离周期,在随机分配的密闭空间足不出户整整 14 天是近三年来人们迁移时面临的常态封闭常会使人丧失时间的概念,而窗户是此刻面对外界唯一的出口。
没有一扇窗子是永恒的,窗帘每一天都会形成新的皱褶,沉浸在寻找建立片刻中的永恒性的绘画者,大概也是最沉默的表达者。 我把和自己有过关联的“窗帘”经过重新放大和转译,抽离时间概念,让原本私密的信息失去可识别性,形成一种轻松的样式。
这些生活局部都表现在最常见的公文用纸 A4 尺寸的木板上,和具有强烈私密意味的窗帘形成一种对立关系,也是我在过去几年面临一种全新生活形态的思考。



50x60 | Huile sur toile | 2022





150x100 | Huile sur toile | 2022





50x60 | Huile sur toile | 2022





90x60 | Huile sur toile | 2023





90x60 | Huile sur toile | 2024


Les déménagements fréquents impliquent que le corps et l’espace habitués
soient constamment dans une situation d’incertitude. Pendant mes déplacements, je suis fascinée par les matériaux d’emballage jetés après une seule utilisation. Les films étirables reflètent d’une faible lueur, qui interprète mes voyages inutiles avec une manière étrange. Derrière ces films ce sont des plantes desséchées , une couverture ou un colocataire.


不断的迁徙搬家意味着身体和习惯的空间处于不断移动的过程中,我被那些只用过一次便丢弃的包装材料所吸引。 闪烁着脆弱光线的透明纸包裹着同样脆弱的 魂魄标本,用一种奇怪的方式诠释这些无用的旅途。当廉价褶皱布满整个画面,没有轮 廓和边界,这时我们不再“看”,而是“读”。 像是对这化工卑贱物进行最后的仪式。










Sclérodermie II





40x30 | Huile sur toile | 2020





30x30 | Huile sur toile | 2020





55x46 | Huile sur toile | 2019





20x40 | Huile sur toile | 2019





37x55 | Huile sur toile | 2018





40x40 | Huile sur toile | 2018





60x40 | Huile sur toile | 2018




27x22 | Huile sur toile | 2018



Ma mère a une maladie qui est due à un dysfonctionnement du système immunitaire, appelée sclérodermie, une maladie qui surgit brusquement et qui est rare. Il faut un traitement à vie. A cause de ce traitement hormonal, elle grossit et sa peau n'est plus aussi claire comme avant. Pour cacher son corps marqué par la maladie auto-immune, elle préfère porter des vêtements très amples aux couleurs discrètes. La sclérodermie a bouleversé la vie de ma mère, mais elle a également affecté le regard que pose ses proches sur elle; tous, y compris moi-même, avons fait la singulière expérience que la maladie et la menace de la mort sont désormais à tout moment tout près de nous.

J'avais cru que la relation qui existe entre ma mère et moi est indestructible, solide et éternelle, mais maintenant elle devient de plus en plus vulnérable en raison de l'apparition soudaine de la maladie. L'intimité établie grâce à l'inter-action de longue durée et les expériences partagées entre personnes très proches est-elle permanente? Quand l'apparence de notre corps devient de plus en plus fragile, qu'arrive-t-il à la relation avec les autres? Quoi d'autre dans les relations humaines est fiable de manière inaltérable?

Pour les individus, la maladie est une catastrophe qui accélère la dégradation du corps et a des conséquences fatales pour la famille. Mais dans les images médicales, les corps sont juste mis en image par la technique, avec les éclairages artificiels, froids et intenses. En réduisant le corps et le visage à un morceau d’espace, traité comme simple organe, on ne voit déjà plus l’identité. Mais le masque posé sur les images médicales est comme un autre cache sur ces visages et corps, et renforce la sensation d’éloignement affectif d’une manière violente.



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